Histoire locale


Chaque hameau, chaque village (fondé au Moyen-âge, pour la plupart, sur des traces gallo romaines) possède lavoirs, puits, fontaines appareillées, abreuvoirs en granit, maisons morvandelles, manoirs ou châteaux, chapelles, églises d’origine romane, calvaires et croix de missions sur les chemins ruraux, moulins à huile ou grains, travails, bascules, bancs de scie. Comme notre habitat, ces patrimoines sont dispersés, mis en valeur ou à dénicher parmi une flore et une faune riches.

Laissez-vous bercer en flanant dans les paysages du Morvan qui s’ouvrent et se referment au gré de ses bocages et forêts enracinés dans le granit, ses lacs et étangs, ses bourgs et villages, hameaux et fermes isolées, ses chemins et ruisseaux qui croiseront votre route, vous surprendront au détours de chaque virage.

histoire2.jpg

Haut lieu d’échanges et de passages au temps des Celtes et des Gallo-romains (voir les nombreuses voies antiques, oppidum, éperon rocheux de Dun, le Dolmen, ou ce que les paveurs en ont laissé à St Martin du Puy, chapelles sur des sites païens comme à Mhère, ancien camp romain au Crots des Fossés à Brassy), notre Morvan fut défriché vers le XIIe siècle à l’initiative des seigneurs laïques et ecclésiastiques puis au XIVe par l’installation de familles extérieures qui ouvrirent et façonnèrent des clairières agricoles.

histoire5.jpg
Ce qui explique la multitude de nos hameaux (anciennes clairières) bâtis sur des replats entre le haut des collines boisées et les mouilles en fond de vallée. Vauban décrivit l’état critique de son pays natal tenu par quelques familles parmi les plus riches de France qui, répondant à l’appel de la royauté, vendirent leur bois pour chauffer Paris (jusqu’à 50% de son bois de chauffage).
 
Alors débuta la grande spécificité économique du Morvan de 1550 à la fin du XIXe siècle : le flottage de bois qui mobilisa ruisseaux, rivières, étangs, habitants, apporta un pécule indispensable mais interdit toute belle futaie dans cette région boisée à 50%, aujourd’hui. La polyculture se développa malgré un sol peu fertile, et l’acquisition de terres ainsi que la nécessité d’activités complémentaires furent une constante, sans artisanat spécifique (sauf tannerie à Lormes) ni industrie. Seules les foires étaient un lieu d’échanges et d’ouverture.

Le XIXe siècle se marqua par une croissance de population très importante par rapport aux ressources agricoles, l’accueil des enfants de l’assistance publique de la Nièvre puis de la Seine (1er convoi des « petits Paris » en 1805 à Lormes) et l’accueil des « petits bourgeois » par les nourrices sur place, le départ des « nourrices sur lieu » à Paris (50% des nourrices à Paris sont morvandelles vers 1850) et les conséquences de leur retour (achat de terre, toits en ardoise, « maison de lait »…et « belles manières »), le départ des galvachers et des bouviers pour plusieurs mois, l’introduction du charolais en Morvan comme pays naisseur, l’arrivée du chemin de fer (tacot), le développement des routes et leur amélioration (M Dupin à Gacôgne). Une époque à découvrir dans les œuvres d’Henri Bachelin.

Le XXe siècle a érigé nos monuments aux morts, connu l’exode rural et le machinisme, l’isolement géographique, l’accueil des maquisards, la création des barrages et des lacs pour réguler la Seine, le tourisme, l’exportation du charolais et du bois, entrainant une mutation importante qui nous obligent à être solidaire et imaginatif.

Ces paysages préservés, façonnés par les paysans, maintes fois peints par Corot, traduisent un Morvan avec des habitants, une authenticité et une âme. Le Morvandiau, même s’il est méfiant, est hospitalier et curieux.

N’hésitez pas à vous perdre et  à demander votre chemin !

histoire3.jpg
histoire1.jpg
histoire4.jpg
  • 1
  • 2
  • 3